
Les Premières Nations du Québec mais aussi, plus largement, de l’Amérique du Nord, sont à l’honneur pour la édition du festival. Des temps forts, de témoignages en signatures en passant par les tables rondes et les projections de film. Des coups de coeur, des découvertes, des rencontres.
Saluons la présence de Joséphine Bacon, l’infatigable poétesse de Pesamit, qui raconte en quelques mots » simples « ( sic) la réalité du territoire, des esprits qui l’animent, de la vie nomade et de la quête d’horizon. » Au début j’ai commencé à écrire pour les aînés, parce qu’ils ne savaient pas lire et écrire ni en anglais ni en français. Il fallait garder les mots avant qu’ils ne s’envolent de notre mémoire. Aujourd’hui j’écris pour les jeunes, pour que la langue ne meurt pas. »

Pour marcher ensemble vers le nutshimit, ce mot intraduisible » qui ne se met pas au possessif » et qui signifie la terre, l’origine, le lieu de toutes choses, la nature.
Le documentaire intitulé » Je m’appelle humain » réalisé par Kim O’Bomsawin en 2020 est projeté au théâtre Chateaubriand devant une salle comble et un accueil de la protagoniste en » standing ovation « . Une émotion palpable chez les spectateurs touchés par le portrait de cette femme remarquable et l’universalité de ses propos, qu’ils concernent le lien à la Terre, à la mémoire ou, plus généralement à l’être humain.

Une jolie déclaration d’amour chanté par un autre invité, Witi Ihimaera, écrivain maori de Nouvelle Zélande, fou d’admiration pour Joséphine et son regard limpide sur le monde.
Son dernier ouvrage » Bravoures » raconte la violence et l’intolérance des sociétés patriarcales et du rôle primordial des femmes de l’ombre.
A leurs côtés, un autre auteur anglophone, Brandon Hobson, venu de l’Okahoma pour parler de son dernier roman » Dans l’écho lointain de nos voix « , traduit et publié par Albin Michel. En s’appuyant sur un fait réel, un jeune Cherokee tué par la police, l’auteur imbrique le passé au présent, pour évoquer l’histoire de son peuple forcé à se déplacer pour céder ses terres aux colons. En 1838-1839, les Cherokees sont déportés en Arkansas puis en Oklahoma : cet épisode est connu sous le nom de « Piste des larmes » Sur les dix huit mille Cherokees exilés, environ 4000 sont morts en chemin.

Photos D.R.



Entrevue avec Giulia Bogliolo Bruna

