En invitant des écrivains autochtones, le festival nous permet d’entendre d’autres voix pour parler du territoire, de la mémoire et de l’identité.
Celle de la poétesse innue, Joséphine Bacon, qui évoque avec tendresse et nostalgie son territoire ancestral. Dans son dernier recueil de poésie bilingue, Kau minuat – Une fois de plus (Mémoire d’Encrier, 2023), elle confirme son talent de passeuse de la culture et de la mémoire autochtone d’Amérique du Nord. Avec humilité, simplicité et sagesse, celle que l’on surnomme “l’aînée des poètes” rend un hommage aux arbres et au vivant, nous rapprochant de l’essentiel et de la beauté. »
» Poètesse innue originaire de Betsiamites, réalisatrice et parolière, Joséphine Bacon signe une œuvre poétique d’une grande puissance saluée dans le monde entier. Elle est l’auteure, entre autres, du recueil Uiesh – Quelque part (Mémoire d’Encrier, 2018), qui remporte les Prix des libraires et Voix autochtones 2019, et de l’anthologie sur la jeunesse innue Nin Auass – Moi l’enfant (Mémoire d’Encrier, 2021), adaptée en documentaire.
Parolière et auteure des textes d’enchaînement du spectacle de Chloé Sainte-Marie Nitshisseniten e tshissenitamin, Joséphine Bacon a été invitée en Colombie, en France, en Russie (Moscou), en Arménie et en Haïti. Elle a reçu de nombreuses distinctions, participe régulièrement à des spectacles de poésie et collabore à des revues québécoises, européennes, tahitiennes, etc.
Joséphine Bacon enseigne l’innu-aimum depuis plus de 40 ans et donne de nombreux ateliers d’écriture et conférences dans les universités, les cégeps et dans plusieurs communautés autochtones comme Pessamit, Escoumins, Pointe-Bleue, Natashquan, Obedjiwan, Sept-îles et Odanak. Parallèlement, elle travaille à diverses traductions de l’innu-aimun vers le français.
Du côté du cinéma, Joséphine Bacon participe comme traductrice et voix off à des documentaires et courts métrages, dont ceux du cinéaste Arthur Lamothe. Elle a réalisé Tshishe Mishtikuashisht – Le petit grand européen (Johan Beetz, 1997) et Ameshkuatan – Les sorties du castor (1978). Joséphine Bacon a aussi participé aux treize émissions de la série télévisée Mupu (2002), la série Carcajou Mikun, Finding our talk, avec les productions Mushkeg Nutaq, et Innu-Assi – avec les productions Manitu. » ( extrait du site de l’éditeur)
Bibliographie
Kau minuat – Une fois de plus (Mémoire d’Encrier, 2023)
Nin Auass – Moi l’enfant (Mémoire d’Encrier, 2021)
Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat, édition bilingue innu/français (Mémoire d’encrier, 2013)
Uiesh – Quelque part (Mémoire d’Encrier, 2018)
Nous sommes tous des sauvages, co-signé avec José Acquelin (Mémoire d’encrier, 2014)
Aimititau ! Parlons-nous !, correspondance avec José Acquelin (Mémoire d’encrier, 2008)
Michel Jean, une autre plume de talent, participe à plusieurs tables rondes et présente son dernier opus, lors de séances de signature et d’un café littéraire.
» Encore trop méconnu en France, la star des lettres québécoise redonne une nouvelle fois, avec son roman Tiohtiá:ke [Montréal] (Seuil, 2023), une voix aux peuples autochtones de son pays et clôt ainsi une trilogie sur trois générations. Dans ce roman plein d’humanité, Michel Jean nous raconte le quotidien de ces êtres fracassés, fait d’alcool et de rixes, mais aussi de solidarité, de poésie et d’espoir. «
» Issu de la communauté innue de Mashteuiatsh, établie sur la rive ouest du lac Saint-Jean au Québec, Michel Jean est journaliste d’enquête et chef d’antenne à TVA, un réseau de télévision canadien francophone. Il a publié une douzaine de livres, tous salués par la critique outre- Atlantique. Kukum (Dépaysage, 2020), son précédent roman couronné par de nombreux et prestigieux prix littéraires dont le Prix Points des lecteurs 2023, évoquait déjà la communauté innue à travers le personnage d’Almanda Siméon, l’arrière-grand-mère de l’auteur, sa kukum. »
Bibliographie
Qimmik (Libre Expression, 2023)
Tiohtiá:ke (Libre Expression, 2021 ; Seuil, 2023)
Maikan – Le vent en parle encore (Éditions Dépaysage, 2021)
Atuk, elle et nous (Libre Expression, 2021) ; Atuk (Éditions Dépaysage, 2022)
Ma rencontre avec cette grande illustratrice conteuse, il y a plus de vingt ans désormais, fut de l’ordre du coup de coeur immédiat, évident, foudroyant. Lorsque l’on étudie les mythes fondateurs inuit, d’une belle complexité, et qu’une artiste vous prend par la main et vous guide dans leur labyrinthe, alors la compréhension devient plus légère, aérienne, poétique. Voici quelques oeuvres de la grande dame de l’Arctique canadien.
Germaine Arnaktauyok – In Return I Give Water – 2014, aquatinte
Parmi les rituels de chasse, le don de l’eau consiste à verser quelques gouttes dans la gueule du phoque sacrifié en guise de gratitude. l’animal s’est offert aux hommes pour leur survie en retour les hommes doivent remercier l’esprit de l’animal et lui rendre hommage. » A captured seal would be given int first drink of fresh water. This was done to ensure that its spirit was pleased and would return in another seal to be taken again «
Soul to Soul, 2007 aquatinte
Shaman Combing Sedna’s Hair, 2004, aquatinte
L’entrelacement des vies humaines et animales signifie l’absence de hiérachie ontologique entre les espèces et renvoie aux concepts chamaniques d’interdépendance entre les différents règnes du monde vivant.
Le chamanisme, tradition holistique née en Sibérie, rassemble différentes techniques de soins, tant sur le plan corporel que sur le plan psychique. C’est un ensemble complexe de rituels et de pratiques largement méconnu, surtout à l’ère du néo-chamanisme qui, trop souvent, n’emprunte à cette religion sans dogme qu’un aspect pragmatique de ses multiples facettes.
En parcourant les chemins de Sibérie, aujourd’hui, nous constatons que les soins de banya sont toujours très populaires et surtout très efficaces. Dans ces régions reculées où se soigner est difficile, la connaissance des plantes, et des vertus du contraste thermique ( alternance de très chaud, dans l’étuve de sudation et de très froid, roulade dans la neige ou baquet d’eau glaciale) constitue une prophylaxie traditionnelle qui maintient en santé les habitants de la toundra et de la taïga.
Ce rituel a donné naissance au sauna finlandais et rejoint, par son caractère spirituel , les pratiques de la » sweat lodge » des Amérindiens.
» Spécialement dédié aux traditions ancestrales de bien-être et aux mystères entourant les banyas, ce livre lève le voile sur les secrets de pratiques de santé – et leurs bienfaits – adoptées depuis des siècles dans la région sibérienne. Du bain de vapeur aux massages fouettés utilisant des branches de chêne ou de bouleau, en passant par les tisanes à base de plantes médicinales, cet ouvrage apporte des explications sur l’origine des bains mais aussi sur leur philosophie et les coutumes qui leur sont associées. Cet ensemble de rituels, encore d’actualité en Russie, contribue à améliorer sa santé, vivifier son énergie et élargir son horizon spirituel dans un climat convivial ou intime. «
Premier ouvrage sur ce sujet, il aborde la préparation pratique du corps, la fabrication de fagots et les techniques de friction, ce qui en fait un véritable guide qui permet à chacun de pratiquer le banya.
Dans cet univers encore trop méconnu, les auteures, Jenny G. Chevallier et Nadia Neupokoeva, souhaitent apporter une nouvelle perception du rapport entre le corps, l’énergie et l’esprit.
Jenny G. Chevallier est anthropologue spécialiste du chamanisme et de son expression dans l’art contemporain, journaliste et iconographe. Nadia Neupokoeva est thérapeute banchik. Elle est propriétaire du premier banya russe en France.